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Cinq formes de bienfaisence pour une ère post-biologique

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Revista Portuguesa de Bioética

Résumé

La bienfaisance post-biologique n’accorde pas de statut moral à toutes les machines. Elle propose plutôt une bioéthique capable d’aborder les systèmes non biologiques qui façonnent déjà la vie humaine, l’agentivité et la vulnérabilité. Du bénéfice instrumental aux relations artificielles, des infrastructures critiques à l’agentivité autonome et au possible bien-être artificiel, la bioéthique doit orienter la technologie avant que les dommages ne deviennent irréversibles.

Introduction

Historiquement, la bioéthique a été liée à la vie, à la médecine, à la recherche biomédicale, à la santé publique et aux relations entre science, valeurs humaines et survie planétaire. Van Rensselaer Potter a présenté la bioéthique comme un « pont vers l’avenir », c’est-à-dire comme une discipline capable d’articuler la connaissance biologique, la responsabilité morale et la survie humaine dans un contexte de puissance technologique croissante (Potter, 1971). Beauchamp et Childress, quant à eux, ont consolidé le langage principiste de la bioéthique autour de quatre principes fondamentaux : l’autonomie, la bienfaisance, la non-malfaisance et la justice (Beauchamp et Childress, 2019). De prime abord, l’application de la bioéthique aux systèmes non biologiques semble donc soulever une tension conceptuelle : si la bioéthique est une éthique de la vie, comment peut-elle s’appliquer à des entités non vivantes ?

Cette difficulté ne saurait être résolue hâtivement par un simple élargissement rhétorique. Un système d'intelligence artificielle, un robot, un modèle informatique, un jumeau numérique, une infrastructure algorithmique ou un agent autonome ne sont pas des organismes biologiques. Ils ne possèdent pas, du moins en l'état actuel des connaissances, de métabolisme, d'homéostasie organique, de reproduction biologique, de mortalité propre ni d'expérience corporelle équivalente à celle des êtres vivants. Par conséquent, il serait conceptuellement erroné de traiter tous les systèmes non biologiques comme s'il s'agissait de patients, d'organismes ou de sujets moraux. Mais il serait tout aussi erroné d'en conclure que la bioéthique n'a rien à dire à leur sujet. La question cruciale n'est pas de savoir si ces systèmes sont biologiquement vivants, mais s'ils portent atteinte à la vie, à la vulnérabilité, à la capacité d'agir, aux soins, à la santé, à la dignité, à la prise de décision et à la responsabilité.

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